JOURNALISME & MEDIA
l'industrie de l'information

JMédia Magazine


Khalid Mejjad:

Promotion 2011/2013. 
 
Titulaire d'un diplôme de Master en science politique de l'université Hassan Iier de Settat. Exerce ses fonctions comme professeur de l'éducation islamique au cycle secondaire à El Jadida.
   

La grande muraille de Casablanca sur la bonne voie ! 

Publié dans Le Soir Echos le 24 - 06 - 2013
Ghassan Sabwat & Khalid Mejjad (stagiaire) 

L'ancienne médina de Casablanca vit au rythme des travaux. Un projet d'envergure amorcé suite à la visite du roi Mohamed VI le 27 août 2010, avec un budget dédié à la première tranche de 300 millions de dirhams. Ce projet a pour ambition de réhabiliter une zone très connue et fréquentées, mais aussi très marginalisée au sein de la ville blanche, malgré une histoire riche et un rôle économique et social conséquent. Parmi les chantiers visibles, les travaux de restauration de la muraille et d'ordonnancement architectural du front bâti, les travaux de restructuration de «la galerie commerciale», ainsi que l'aménagement de la « Place Bab ElKbir ». Une zone très fréquentée et qui fait vivre beaucoup de personnes, notamment les commerçants des magasins, ceux qui travaillent à l'étalage ou encore les commerçants ambulants ainsi qu'une bonne partie de la communauté sub-saharienne qui, depuis de nombreuses années, gagne sa vie précisément grâce à cet endroit.
Derrière le mur : tous d'accord…Ou presque!
«Ça donnera une bonne image de l'ancienne médina, bien que cela ne se fasse qu'au niveau extérieur. Cela complète le beau paysage récemment dessiné par le tramway, la nouvelle place Maréchal et la place des Nations unies. Les travaux vont en tout cas bon train », déclare Said, 27 ans, habitant de la médina. Pour Abdelkarim, 36 ans, vendeur à l'étalage, les travaux ne changent pas grand-chose pour les affaires. Les commerçants installés derrière la partie pratiquement finalisée du mur sont pratiquement tous unanimes. « Le commerce et le tourisme ne s'en porteront que mieux. D'ailleurs les travaux nous ont permis de récupérer une partie de la clientèle habituée aux commerces sur l'avenue », rétorque Rachid, 48 ans, commerçant à l'étalage.
Devant le mur: les travaux continuent
Autre son de cloche devant la muraille. Eveline, 25 ans, sub-saharienne qui propose des accessoires de beauté pour femmes accuse le coup : « Avec le démarrage des travaux, les clients se font plus rares à cause du bruit et de la poussière. N'empêche qu'on est là, tous les jours et qu'on essaye de gagner un peu notre vie » C'est le cas pour toutes les activités qui se font devant cette partie du mur. En direction de la partie du magasin, Lhoussain Ben Hammou Ben Brahim, vendeur « à la sauvette » de 76 ans, à Casablanca depuis 55 ans est un résistant comme en on voit rarement : « Avant, ça bouillonnait de monde ici, aujourd'hui, c'est le désert total. Avec ces travaux, c'est pratiquement impossible de vendre quoi que ce soit. Je suis dans une zone où tous les accès à la médina sont bloqués. Maintenant, si quelqu'un veut entrer au mellah par le mur, il a le choix entre « babMarrakech » et « bab el kebir ». A contrario pour Lahcen, 51 ans, propriétaire d'un des «commerces du mur », il explique que « c'est dans notre intérêt. Ce projet est pris totalement en charge par l'état, dans le cadre du projet de réhabilitation de toute la zone de l'ancienne médina. Les autorités viennent nous voir sur place, et nous demandent de libérer les lieux 3 jours avant le démarrage des travaux. Ces derniers durent, comme j'ai pu le voir pour les parties déjà restaurées, environs 2 mois et demi. Période après laquelle on revient récupérer nos clé et c'est tout. C'est pour cela que nous sommes très content et surtout impatient de découvrir les nouveaux locaux, avec du marbre et de nouveaux rideaux».
Les deux facettes!
De manière générale, les gens sont plutôt positifs. Ils attendent que ça se termine et y voient un bon présage pour l'avenir, car les traveaux avancent bon train. Marwa, 23 ans, simple passante ce jour-là, mais habituée des lieux nous dit : « Ce genre d'action reste positif car on retape les lieux. Cette muraille symbolise Casablanca au Maroc et a une aura internationale. Il faut en prendre soin et lui redonner son charme». Toutefois, derrière le mur, précisément du côté de « Bab Marrakech », une autre réalité se cache. Des images chocs où des gens dorment à même le sol, profitant de l'ombre du mur où on peut y lire « hôtel pour moutons » ou « Akram, dégage». Constructions en ruine, insalubrité et pollution, faisant de cet endroit, un univers pesant, une pression énorme, une honte pour certains et une situation délicate pour les autres. Ghassan Sabwat & Khalid Mejjad (stagiaire)
 



Karim Dahbi


Promotion 2011/2013.
Un journaliste professionnel dans le domaine politique qui exerce ses fonctions dans la station radio "Rdio plus Casablanca".

Ahmed Assid : «La terre parle amazigh»
 par Karim Dahbi
Publié dans Le Soir Echos le 28 - 08 - 2013
Ahmed Assid

Vos déclarations lors d'une conférence organisée au mois d'avril par l'AMDH ont suscité une controverse et de vives réactions, notamment de la part des conservateurs et des islamistes radicaux. Quel est le contexte de ces déclarations et leur réelle signification ? 
C'était un contexte national qui a connu un débat approfondi sur la question des valeurs, et mon objectif était de montrer que dans le système éducatif national il y a une dualité de valeurs et une sorte de schizophrénie où on met les valeurs traditionnelles et religieuses au côté des valeurs modernes sans chercher à les faire adapter aux besoins de la société actuelle qui se modernise petit à petit.
Cette schizophrénie entrave la formation des élèves et des étudiants, ce qui n'est pas adaptable avec les objectifs de la pédagogie moderne, et j'ai donné l'exemple de la violence dans les manuels scolaires et j'ai dit que dire que l'Islam est une religion qui s'est propagée d'une manière pacifique est contradictoire avec le fait de parler des « Ghazawat » et des guerres saintes et d'introduire dans les manuels les lettres du prophète qui comprennent des menaces aux rois de l'époque et, bien entendu, je n'ai pas dit que ces lettres sont terroristes. Non, j'ai dit que si elles étaient reproduites aujourd'hui, elles auraient été qualifiées de lettres terroristes, car dans le contexte du prophète, le terme «terrorisme» n'existait pas et, bien entendu, on pouvait combattre les autres pour leur imposer une autre religion. C'était une culture de l'époque. Mais aujourd'hui on a une autre culture qui est différente de la culture du prophète.Malheureusement, mes propos ont été interprétés autrement par les salafistes, les extrémistes et les fanatiques religieux qui ont considéré que mes propos portent atteinte à la personne du prophète, ce qui n'était pas le cas.
Mais les modérés ont également constaté que vous auriez pu éviter cette déclaration notamment dans une société dont vous connaissez la nature…
Non, pour un intellectuel indépendant, il n'est pas question d'éviter de dire la vérité. Il faut absolument déclarer la vérité avec un esprit critique et rationnel et éviter de porter atteinte à la religion et aux symboles religieux. Ça c'est contraire aux principes des défenseurs des droits humains. On peut défendre les droits humains sans porter atteinte aux croyances des autres ni aux religions.
Ces lettres ne sont pas la seule chose qui vous gêne dans les manuels scolaires, vous pointez du doigt la partie qui traite l'histoire du Maroc. Quelles sont vos remarques à cet égard ?
Oui, bien entendu, la question de la relecture de l'histoire est une question fondamentale aujourd'hui. Car, on ne peut pas régler les problèmes de l'identité, les problèmes de la pluralité et la diversité linguistiques sans régler d'abord le problème de l'histoire. Tout simplement parce que cela fait plus d'un demi-siècle qu'on nous impose une version officielle de l'histoire du Maroc et, dans cette version, on propose une lecture arabo-musulmane de notre histoire, où on a exclu la dimension amazighe et les composantes culturelles et linguistiques. Les symboles et les personnages de l'histoire amazighe ont aussi été mis de côté. L'objectif était d'approfondir l'idée de l'Etat-nation centralisateur basé sur l'arabité et sur l'Islam. Cette version idéologique de l'histoire voulait justifier l'identité arabo-musulmane du Maroc. Mais aujourd'hui, avec la reconnaissance de l'amazigh dans la Constitution, il est impératif de revoir l'histoire du Maroc et d'entamer une relecture scientifique et académique qui prend en considération toutes les composantes de l'identité nationale telles qu'elles sont citées dans la Constitution. Cela passe par les tabous de l'histoire qu'il faut absolument briser pour que les gens sachent qui ils sont et connaissent leur histoire réelle.
Et je crois qu'avec la régionalisation élargie, on va pouvoir entamer cette relecture à travers les régions.Relecture ou réécriture de l'histoire ?
Non, relecture. Parce que l'histoire est déjà écrite par les historiens d'il y a mille ans, par Ibn Khaldoun, par Doaayif Ribati, par Zayani… et tous ceux qui ont vécu avant nous. Alors tout ce qu'on va écrire est une relecture. Le problème est que notre histoire était écrite par des historiens qui ont toujours été proche du sultan, qui vivaient autour de l'élite qui gouverne. En fait, c'est une histoire officielle des dynasties et des palais, mais on n'a pas connu une histoire de la société, celle du peuple, l'histoire sociale des Marocains, comment les Marocains ont réellement vécu à travers les siècles ? On ne peut pas répondre à travers l'histoire officielle. Donc, il faut une relecture. Ceux qui suivent Ahmed Aassid remarquent que c'est un intellectuel qui défend en même temps la question amazighe et la laïcité.
Quelle est la cause que vous défendez le plus ?
Elles sont liées. On ne peut pas séparer l'une de l'autre. Je défends les droits humains, l'amazighité et je défends la laïcité. C'est une seule cause. Pour moi, c'est la même bataille parce que quand on reconnaît les droits humains, on est forcément laïc, car les droits humains sont des droits laïcs et quand on défend l'amazighité, on défend la diversité. Et pour reconnaî tre la diversité, il faut être libre d'esprit. Donc, l'amazighité fait partie des droits humains, et la laïcité, c'est la séparation de l'Etat et la religion. Et c'est la reconnaissance de la liberté de conscience qui est la base de toute démocratie. Ainsi, tous ces concepts sont liés et inséparables.
Est-ce que votre activisme sur les deux fronts est lié à la laïcité qui a caractérisé la société amazighe marocaine depuis la nuit des temps ?
On a été amené à faire une archéologie dans notre patrimoine amazigh pour défendre la laïcité à travers notre patrimoine ancestral. Et ce qui nous a poussé à faire ce travail, c'est que les intégristes et les idéologues de l'islamisme politique ont essayé de nier l'existence d'une tendance laïque dans notre société en disant que la laïcité est occidentale et qu'elle n'a rien à voir avec nos traditions ancestrales pour monopoliser le discours sur ces traditions ancestrales. Et pour contrer ce discours, on a revisité notre patrimoine amazigh pour prouver que les valeurs laïques sont séculaires et qu'elles existent dans notre patrimoine. La manière dont nos ancêtres géraient les affaires de la communauté était circulaire. Ils faisaient une séparation réelle entre le temporel et le spirituel. L'imam de mosquée n'a jamais fait partie du comité de gestion des affaires de la tribu. « Inaflass » qui sont les membres de ce comité ne sont pas des religieux, ils sont membres de la tribu qui gèrent les affaires socio-économiques et politiques à travers le droit coutumier « Aaraff ». Et ce sont des lois rationnelles. C'est pourquoi l'imam était toujours un étranger qui s'occupe des prières et des affaires religieuses, mais qui reste en dehors de la gestion des affaires terrestres. C'est une forme première de la circularisation. D'un autre côté, ceux qui sont contre la peine de mort se sont également basés sur le droit coutumier amazigh pour dire que la peine de mort n'a jamais existé dans notre tradition marocaine. Cela existait dans les tribunaux de la Shariaa et chez le makhzen. Mais dans les tribus, c'est-à-dire dans tous les territoires occupés par les tribus, on ne pratiquait pas la peine de mort, on ne coupait pas les têtes. On évitait cela. Cela ne faisait pas partie de nos coutumes ou de nos valeurs.
La violence contre les femmes, il y en a qui se sont inspirés du droit coutumier amazigh pour défendre les droits de la femme et pour dire que, dans notre patrimoine amazigh, l'homme qui frappait sa femme était sanctionné, il payait une amende. Ce sont là des valeurs qui n'existent pas dans la Shariaa ni dans le référentiel arabo-musulman. Mais cela existe dans tamazight. Et les gens qui disent que ces valeurs universelles sont occidentales et n'ont rien à voir avec notre patrimoine ont tort parce qu'ils ne connaissent pas la tradition marocaine, les coutumes et les valeurs ancestrales marocaines parce qu'ils ignorent, justement, tamazight.
Quelles est la validité des accusations portées contre vous concernant vos relations et vos visites en Israël ?
Ce ne sont que des mensonges qui ont été déclarés à partir des mosquées et dans des sites électroniques, etc. Ce sont des calomnies qui visent à porter atteinte à la personne, même en instrumentalisant le mensonge. Cela prouve à quel point ces gens-là sont fragiles et faibles. Ils n'arrivent pas à argumenter et à défendre leurs idées. Bien entendu, je n'ai jamais visité Israël et cela ne fait pas partie de mes objectifs parce que j'ai toujours défendu les droits du peuple palestinien. Et la vision du mouvement amazigh, ils l'on expliqué à la presse, c'est que Imazighen sont les défenseurs de tous les peuples opprimés, occupés, qui souffrent de l'occupation et de la dictature. À travers les siècles, il y a trois-mille ans, les Amazighs ont toujours été contre l'occupation et l'invasion. Donc, aujourd'hui, Imazighen ne peuvent pas être avec Israël contre les Palestiniens parce que leur esprit amazigh, à travers l'histoire, a toujours été un esprit révolté contre l'occupation. Nous sommes avec les Palestiniens, mais on n'accepte pas les deux idéologies qui monopolisent l'affaire palestinienne. On est contre le panarabisme et l'Islam politique qui s'approprient cette affaire pour d'autres objectifs. Si on est avec les Palestiniens, c'est du point de vue humaniste et universel. Notre solidarité avec le peuple palestinien se base sur une vision humaniste et sur des valeurs universelles et non pas sur la religion ni sur la race ni sur une idéologie quelconque. On a déclaré cela à maintes reprises. On a même participé, une fois, en 2002, je crois, à une marche pour le peuple palestinien avec des banderoles écrites en Tifinagh. On avait fait neuf banderoles, et on a participé à cette marche pour représenter notre point de vue : on était avec les Palestiniens, mais différemment.
Pour revenir à la question de l'Amazigh, vous ne pensez pas qu'à l'exception de l'officialisation de la langue, il n'y a pas d'effets tangibles au sein de la société ?
La reconnaissance constitutionnelle de la langue amazighe comme langue officielle, aux côtés de l'arabe est un grand acquis historique parce que c'est un acquis qui permet de créer des lois pour protéger l'amazigh : langue, culture et identité, dans les institutions et dans la société. Sans Constitution, on ne pouvait rien faire. Il y avait des slogans déclarés par les décideurs. Il y avait également des revendications déclarées par le mouvement civil. Mais il n'y avait pas de réalisation parce qu'il n'y avait pas de loi qui pouvait gérer cette question dans les institutions. Maintenant, avec la Constitution, il va y avoir une loi organique. C'est elle qui va déterminer les étapes et les modalités de l'introduction de la langue amazighe dans tous les secteurs de la vie publique.
Qu'est-ce qui a été réalisé depuis l'officialisation de l'amazigh, il y a deux ans ?
Eh bien, d'abord, il y a eu des ministères qui ont écrit en amazigh sur leur façade et qui ont ordonné à toutes les institutions qui dépendent de ces ministères d'écrire également en amazigh. Donc, on a gagné une chose, c'est que maintenant sur la façade des institutions, il y a la langue amazighe, notamment le ministère de l'Education nationale, le ministère de l'Enseignement supérieur et d'autres ministères qui ont suivi. Malheureusement, c'est fait d'une mauvaise manière, c'est-à-dire que les gens qui écrivent sur les délégations de l'enseignement, des académies, ne maîtrisent pas bien l'amazigh et c'est pourquoi ils écrivent n'importe comment et commettent des erreurs.
Vous avez fait des remarques sur ça ?
Oui, tout cela on l'a souligné, mais je crois que c'est rattrapable. L'essentiel, c'est qu'il y a une dynamique qui s'est déclenchée et qui va continuer. Bientôt, on va avoir l'espace public écrit en amazigh et en graphie tifinagh, aux côtés de l'arabe et du français. Pour nous, c'est ce qui va donner à l'identité visuelle du pays un aspect amazigh, et c'est fondamental.
Mais au sujet des prénoms amazighs le problème persiste…
Il y a eu la circulaire du ministère de l'Intérieur pour les prénoms amazighs et qui affirme que ces prénoms sont des prénoms marocains, qui doivent être inscrits et ne doivent donc plus être interdits. C'est un acquis, cela va aboutir à arrêter la discrimination contre les prénoms amazighs. Mais, malheureusement, cette note ministérielle n'est pas distribuée suffisamment. On trouve des officiers de l'Etat civil qui ne connaissent pas cette décision du ministère de tutelle. Donc, le ministère doit véhiculer cette note pour faire comprendre aux officiers de l'Etat civil que le problème a été tranché.
Dans les années 90, il était interdit d'écrire en tifinagh ou de porter un signe amazigh, en 2013 la langue amazighe est officielle dans la Constitution, qu'est-ce que cela signifie pour vous ? Et qu'est-ce qui a changé, le monde ou le Maroc ?
Beaucoup de choses ont changé. Le monde change, et le Maroc, également, c'est très lent mais on avance quand même, on ne revient pas en arrière et c'est fondamental.
La graphie tifinagh était interdite. Des gens ont été emprisonnés pour avoir utilisé cette graphie. Aujourd'hui, c'est la graphie officielle de l'enseignement de l'amazigh dans les écoles et puis, c'est sa sortie dans les milieux publics et sur la façade des institutions. Donc, on peut dire que c'est une grande réussite parce que le tifinagh reflète quatre-mille ans d'histoire. Il reflète la profondeur de l'histoire amazighe, du Maroc et il montre à quel point l'amazighité est enracinée sur la terre marocaine parce que le tifinagh est gravé sur les rochers, la terre. Cela veut dire que la terre parle amazigh. Bien entendu, ceux qui sont contre la graphie tifinaghe, qu'ils soient islamistes, ou panarabistes sont contre, justement, parce qu'ils n'arrivent pas à reconnaître cette profondeur de l'histoire amazighe. Ils ne veulent reconnaître que l'histoire arabo-musulmane du Maroc, c'est-à-dire à travers douze ou quatorze siècles et veulent gommer tout le reste. Mais c'est impossible parce que l'identité de chaque pays repose sur l'histoire profonde de la société, et je crois qu'à travers le tifinagh, les Marocains vont avoir accès aux connaissances de l'histoire antique du Maroc.
Propos recueillis par Karim Dahbi 

Younes BENNANE


Promotion 2011/2013. 

 Titulaire d'un diplôme de Master en Management logistique de l'université Chouaib Dokkali  d'El Jadida.fonctionnaire de l'Etat à El Jadida.   

 

Reportage: Lalla Aicha El Bahria à Azemmour ou la voie vers le mariage

Catégorie : Société | Rédigée par Younes BENNANE et Karim DAHBI
le 10/01/2013 à 20:11 | Commentaires : 6 | Lectures : 2377

A quelques kilomètres d’Azemmour, sur la côte atlantique, se trouve le marabout de « Lalla Aicha » une sainte femme à qui on attribue le don de réunir les amoureux  et de marier les célibataires. C’est un sanctuaire pour des centaines de jeunes filles célibataires qui viennent chaque jour  chercher le miracle d’une union.

 

A Azemmour…

 

Quinze heures, près du portail «  bab fokani » de l'ancienne médina d’Azemmour, deux carrioles sont en train d'embarquer une vingtaine de touristes venant des quatre coins du monde. Destination Lalla Aicha El Bahria. Après le pont de l'oued Oum Rabii, les deux charrettes ont pris une petite piste accidentée à quelque mètres du banc de la rivière. Une verdure splendide  pousse les touristes à sortir leurs caméras et de façon soudaine l’ambiance change. Saïd, le conducteur, rompt le silence et  réagit enfin : <<Vous voyez ces champs, à l'époque c’étaient des champs qui produisaient du Henné et de la grenadine >>. Les touristes attentifs, écoutent et regardent l'autre rive. Hélène, presque quinquagénaire, pointe le doigt vers un dôme « Regardez ! C'est là où nous étions hier, c'est le cimetière juif ».  

 

« Oui » lui répond Saïd, le jeune homme de 30 ans  qui a passé toute sa vie à faire le même trajet, «  c'est en haut à coté du marabout  Sidi Ouaadoud, vous voyez ces grottes au bord de la rivière c'est la « Khaloua » (coin) de Sidi Ouadoud et c'est là où a été tournée la série télévisée Romana et Bertal » explique Saïd.

 

L’origine de l’histoire

 

    Le voyage d’environ quatre kilomètres à travers les buissons continue. Après avoir traversé une carrière de sable au bord de la rivière et dont on ne connaît pas le propriétaire, le marabout se profile à l'horizon. Jacqueline, une jeune française, la coupe de cheveux courts, sort sa tête de la charrette pour en savoir plus sur l’histoire de ce lieu auprès d'Hélène, « c’est un lieu de pèlerinage pour les célibataires à la recherche d’un mari ou d’une épouse »  répond-elle.

   Saïd confirme et précise « Lalla Aicha El Bahria, ce n’est pas seulement une sainte qui aide les filles célibataires à trouver un mari selon des rituels spéciaux imposés par la visite. Mais c’est aussi l’histoire d’une fille sainte originaire de Bagdad, qui était en relation spirituelle avec Moulay Bouchaïb Redad originaire d’Azemmour».

   Le mythe parle d’un échange de ballon entre Lalla Aicha à Bagdad et  Moulay Bouchaïb Erradad a Azemmour, Moulay Bouchaïb passe le ballon en disant « tiens  Aicha à Bagdad » Aicha lui rend le ballon en répondant «  tiens Bouchaïb au bord de la rivière ».

  Lalla aicha, toujours selon le mythe, est venue de Bagdad pour rencontrer, Moulay Bouchaïb. Arrivée à l'embouchure de l'oued Oum Rabii, elle meurt et devint une sainte qui guérit les femmes stériles.

 

Au monde des merveilles

 

  Après 20 minutes, la charrette arrive à Lalla Aicha. Une dizaine de restaurateurs, des vendeurs de sacrifices pour le marabout et des Majdoubs, avec des baraques montées en carton, en bois et en zinc entourent le mausolée, un gardien de parking au milieu de l’agglomération,  joue le rôle d'un Majdoub pour avoir quelques pièces d'argent supplémentaires de ses clients.

   L'endroit est peu peuplé ce jour du vendredi. Au parking, quelques voitures étrangères de toutes les gammes immatriculées à Casablanca, Tanger, Agadir... Et même en Europe.

 Khadija, gérante d’un café depuis quinze ans, papote en préparant un thé pour un de ses clients <<Le nombre de visiteurs est très faible à cette période de l'année à l'exception des week-ends, nous n'avons que quelques visiteurs par jour. Heureusement on rattrape ce  déficit à partir du mois de mars et surtout l’été» » 

 En face, le mur du marabout, initialement peint en blanc, est presque totalement recouvert d'inscriptions au henné. On dirait une œuvre d’art naïf.

  A côté, Rkia la vendeuse de bougies, une femme de grande taille, son visage brûlé par les rayons du soleil adresse aux visiteurs  des citations spirituelles et des prières sur un ton insistant. On dirait qu’elle porte les secrets des lieux « La plupart des personnes ici sont des sorciers et des charlatans. Ils obligent les visiteurs à acheter des animaux pour les sacrifices et des dons pour le marabout. Ils revendiquent qu'ils peuvent résoudre les problèmes sentimentaux, moi je ne suis pas comme eux » dit-elle.

Elle enchaîne ensuite avec un long discours de morale et de déontologie suivi par des propos davantage axés sur la sexualité <<Si vous cherchez des filles pour passer du bon temps je vous conduis vers elles. N'hésitez pas  à me demander, aussi si vous souffrez d'impuissance sexuelle je suis toujours là voilà mon numéro de téléphone, notez.....>>  bien noté !

Une conversation qui n'est pas gratuite, comme toute chose à Lalla Aicha. Vingt dirhams pour cet échange verbal !!

 

 

 

Des rituel spirituels ou des superstitions ?

 

    Dans ce lieu saint, un groupe de chanteurs composé de deux femmes avec leurs « bandirs » à la main et un homme au milieu avec son violon, animent de temps à autre l’endroit avec des chansons populaires pour les âmes en peine.

 

   Dans cette ambiance, un 4x4 de couleur noire, immatriculé à Tanger, stationne dans le parking. Deux femmes descendent et se dirigent vers Rkia, un mouvement inattendu sur le lieu, les vendeuses se regroupent autour d’elles, une des deux femmes sort du cercle après avoir acheté le kit sacré.

  Elle se dirige vers la porte du sanctuaire. La construction est une petite salle d’une dizaine de mètres avec la tombe au milieu, presque au niveau de la terre. Elle est clôturée d’un mur d’un mètre et demi de hauteur. A côté deux petites pièces pour le bain, une pour les hommes et une autre pour les femmes.

  Une femme «  Majdouba », pieds nus, amène la tangéroise à l'intérieur du sanctuaire où elle rejoint trois femmes, âgées de 35 à 45 ans.  Elles attendent leur tour pour confier leurs problèmes à Aicha El Bahria via une femme assise près de la tombe. Le rituel de purification débute par le baiser de la tombe et la présentation des offrandes (de l’argent, la cire, du henné…) ou un sacrifice (poulet noir ou gris). Après, la femme « Chrifa » commence à murmurer des louanges tout en mettant du henné sur les mains de la célibataire avant de la faire passer deux à trois fois au-dessus d’un brasero rempli d'encens.

  Ces mouvements dans l'enceinte du mausolée apparaissent de l’extérieur comme des rituels de sorcellerie. Surtout lorsque la femme écrit d’une calligraphie de débutante sur le mur d’entrée : deux prénoms Siham et Zakaria. Des rituels qui commencent et finissent toujours avec de l’argent «Fotouh ».

 

Douche contre les mauvais esprits !

 

  A sa sortie, Rkia explique à l’accompagnatrice de la tangéroise  « Le rituel oblige à se baigner avec de l'eau salée tirée du puits de la sainte, qui se vend à 10 dirhams. Si vous voulez de l'eau chauffée vous en avez pour 15 dirhams ». Ceci dans le petit espace aménagé à  côté du mausolée pour cet effet.

  La femme a l’air de ne pas bien comprendre, Rkia continue à lui expliquer «  La femme se déshabille et se couvre de henné puis se lave et doit laisser  quelques vêtements sur les lieux, précisément les sous-vêtements (tabaa). Après c’est la fin du célibat (Incha Allah)».

  À la fin de ce cours gratuit près du mausolée, Saïd appelle les touristes qui avaient  choisi de passer une heure à la plage au lieu de découvrir la face cachée de Lalla Aicha El Bahria ! «Le soleil se couche, on démarre ».

 

 

 

 

ENTRETIEN AVEC SALAHEDDIN BASSIR :
La Crise du football marocain : « la solution et de travailler sur la base »

Catégorie : Art et Culture | Rédigée par Younes BENNANE
le 27/09/2013 à 12:38 | Commentaires : 1 | Lectures : 567
ENTRETIEN AVEC SALAHEDDIN BASSIR : La Crise du football marocain : « la solution et de travailler sur la base »

Le natif de Casablanca a lancé sa carrière avec l'équipe de RAJA. Il est le meilleur buteur officiel de l'histoire de la sélection marocaine de football avec 27 buts en 54 sélections. Il va nous parler de son quotidien, ses activités avec son équipe de raja et sur la crise de football Marocain.

Où est salaheddin BASSIR ?

Actuellement, mon quotidien est partagé en deux activités principales. La première c'est mon travail personnel avec la quel je gagne ma vie. Puisque, j'entreprends dans les  secteurs  de la restauration et du labo-photographie. La deuxième partie je la consacre à mon club le RAJA de Casablanca. Car, j'occupe le poste de président  du comité technique et membre du bureau exécutif de ce club. Et avant, j'étais le conseiller de Mr. HANAT l'ex président, et on a été élus  champions du Maroc en 2011.

Concernant mon temps de repos, je suis très passionné par la canne pêche, qu’elle soit  côtière ou en zodiac. Je préfère la   pratiquer dans les mers et les côtes sud marocaines à partir de Mir Left  jusque 'en Mauritanie.

Vous avez remporté la coupe du trône. Vous avez aussi été sacré champion du Maroc, avec un billet pour la coupe du Monde FIFA des clubs. Comment vous sentez vous devant ces réalisations?

Sincèrement, je suis très content d'avoir réalisé deux titres cette année. Et cela n'est pas le fruit du hasard, mais plutôt, celui des  efforts du bureau exécutif, des supporters et des abonnés qui sont restés unis et qui ont encouragé l'équipe jusqu'aux  dernières minutes du championnat. Mon bonheur vient aussi du fait qu’avant, j'ai pu réaliser ce titre, comme  joueur, et maintenant comme dirigeant et cette année en tant que gestionnaire. Je subissais une grande pression puisque l'on a renforcé l’équipe de plusieurs joueurs en début de saison. Mais, dans la deuxième phase, le stress et la fatigue ont commencé à apparaître sur les joueurs. Ensuite, les bons résultats se sont succédé jusqu’à ce que le doute ne commence à gagner le public sur notre capacité à remporter le championnat. Finalement, les choses se sont  bien passées et nous avons réalisé  le titre que je considère comme une fierté.

L'équipe du Raja va participer à la coupe du monde FIFA des Clubs, où en sont les préparatifs pour ce championnat?

La coupe du monde FIFA des clubs qui se passera dans notre pays, sur nos terrains et devant nos supporters, c'est une occasion à ne pas rater. Nous espérons  gagner le premier match qui nous ouvrira la voie pour arriver en demi final. Nous allons essayer de renforcer l'équipe avec des joueurs de bon niveau pour être suffisamment compétitifs.

Que diriez-vous sur les échecs  successifs, et la baisse de niveau de notre sélection national ? 

Concernant la baisse du niveau de la sélection nationale, on ne doit pas en vouloir à l’entraîneur, aux joueurs ou à  la confédération de football. Il faut prendre en considération le gouvernement, les élus, les parties politiques qui n'ont pas de stratégie ou de programme politique pour faire évoluer le football. si nous questionnons n'importe quelle partie politique à ce propos , nous trouverons qu'ils parlent du secteur de la santé et de l'emploi, et s'ils parlent du sport, ce sera des terrains de proximité qui ne sont pas réservés à la formation des jeunes, mais qui sont utilisé par des chômeurs, des artisans et des ouvriers pour passer du temps en jouant au football . Au parlement on ne parle du football que lorsqu’il est en crise. Vous me demanderez pourquoi nous avons réussi, nous et la génération de 86 ? Je vous répondrai qu'en 86, il y avait un noyau solide de joueurs qui avaient joué dans le championnat national et qui s'accordaient bien entre eux.   La solution et de travailler sur la base. Le gouvernement doit avoir une vision politique claire, à commencer par la création de centres de formation au niveau des ligues régionales possédant chacune une sélection qui lui est propre pour toutes les tranches d’âge. Et qui va, à son tour, construire le noyau d'une équipe nationale forte.  Il faut également penser aux conseils municipaux à la construction des terrains de proximité.  Avant que je rejoigne l'équipe du RAJA, je jouais annuellement de 60 à 70 matchs inter- quartiers .quand j'ai rejoint l'équipe casablancaise, je n'ai pas trouvé de difficultés à apprendre les techniques footballistiques.

En parlant de Kerbana, ta première équipe avant le RAJA, comment est ta relation avec eux en ce moment?

 Pour éclaircir les choses, j'ai joué avec cette équipe durant une période de quatre mois dans la catégorie des minimes, mais je n'ai jamais signé de contrat avec eux. Kerbana a joué en deuxième division  et concurrençait les autres équipes pour rejoindre la première division,  malheureusement, aujourd'hui elle s'est dégradée.

Pourquoi Bassir a-t-il choisi la gestion et pas l'entrainement?

J'ai choisi la gestion parce que c'est une expérience très  difficile et ce n'est pas à la portée de tout  le monde. Une expérience dans laquelle on prend la responsabilité des choses. J'ai commencé à étudier l'entraînement depuis quatre ans déjà. À cette période-là, le milieu n'était pas avantageux. Car l'entraîneur n'avait pas l'opportunité de signer des contrats entre  lui et l'équipe. C'était  le président de l'équipe qui contrôlait  le sort de l'entraîneur. Mais, maintenant, les choses ont changé et le président est obligé de signer un contrat garanti par la fédération avec l'entraîneur. Alors aujourd’hui, je peux entamer l'expérience d’entraineur. 

 

 

Laila Faouzi

Promotion 2011/2013

Infographiste, titulaire d'un diplôme de l'nfographie

Issam Kamal: "Refléter musicalement l'histoire de la ville d'El Jadida" 
Publié dans Libération le 15 - 06 - 2013



Issam Kamal: “Refléter musicalement l’histoire de la ville d’El Jadida”
Mazagan, groupe de fusion  marocain, compte parmi 
les figures importantes de la scène musicale nationale grâce notamment 
à ses morceaux et aux 
nombreux shows qu’il anime avec succès à travers le Maroc. Issam Kamal, le leader du groupe qui entame ce week-end une tournée 
au Maroc et à l’étranger, 
explique le secret 
de ce succès.
 

Libé: Parlez-nous de votre groupe Mazagan. Quelle est son histoire? Comment s’est-il formé? 

Issam Kamal : Mazagan est un groupe qui s’intéresse au patrimoine musical marocain et à son développement. 
Le groupe a été créé en 1998 à El Jadida par quatre amis créatifs et passionnés. Depuis, il n’a cessé d’évoluer et de parcourir les scènes au Maroc mais aussi à travers le monde. 
Il se compose d’Issam Kamal (chant, guitare, luth, mandoline), Bouhssine Foulane (violon, ribab), Nabil Andalous Ouartassi (batterie), Mohammed Hamam (claviers), Adil Laaqissi (basse), Makram Naoufal Tazi (percussions) et Abdelhak Amal (technique). 
Dans votre répertoire on retrouve de tout : raï, musique gnaouie, salsa, rock, etc. Pourquoi autant de genres dans une seule musique? Et quelles sont vos sources d’inspiration? 
Le groupe Mazagan essaie de refléter musicalement l’histoire de la ville qui a été un carrefour culturel marqué par la présence des Portugais, des Français, des Juifs et des Américains. 
Par ailleurs, chaque membre de Mazagan a son histoire, sa personnalité, ses  inspirations et ses ambitions. Le mélange musical produit par le groupe est donc le fruit naturel de l’interaction entre ses membres qui représentent aujourd’hui les quatre coins du pays. 
D’autre part, le groupe a pris le flambeau du renouvellement de la musique populaire marocaine, avec l’ambition de la rendre exportable à l’international. Nous embrassons ainsi un mélange de chants traditionnels (aita, raï, gharnati, hassani, gnaoua…)  et d’arrangements modernes (rock, latino, oriental, reggae…). 
Cette fusion est possible à travers le mixage d’instruments traditionnels acoustiques comme le ribab, l’oud, la mandoline, le violon… et d’autres plus modernes et amplifiés comme la guitare électrique, la basse, les synthétiseurs, les drums… 

Les groupes musicaux au Maroc disent rencontrer de nombreuses difficultés. Qu’en pensez-vous? 

Je pense que les artistes marocains doivent cesser de se plaindre des contraintes logistiques et techniques et faire preuve de plus de créativité et de combattivité. 
Il est vrai que les débuts ne sont jamais faciles, mais une fois que la machine est rodée, avec un peu de courage, de confiance et de persévérance,  tout devient possible et accessible. A mon avis, l’artiste n’est pas là pour utiliser les moyens disponibles mais pour en créer d’autres. C’est un créateur. 

En tant que groupe disposez-vous d’un lieu de répétition ? Avez-vous un studio pour les enregistrements ? 

Les membres de Mazagan se sont tous auto-formés aux  techniques du son et de la production musicale. Nous disposons de plusieurs homes studios que nous mettons en œuvre pour enregistrer nos albums, souvent à distance. Pour les répétitions, nous prenons en location les studios équipés du «Boultek» situés au Technopark de Casablanca. 

Qu’en est-il du piratage? Quelle est votre stratégie de commercialisation pour votre promotion? Comment préparez-vous vos prestations en live? 

Le piratage est un fléau inévitable aujourd’hui. Cela dit, je suis pertinemment convaincu que la lutte contre ce phénomène ne relève pas de la compétence de l’artiste mais des autorités concernées. 
Mazagan a adapté son modèle économique de manière à ne pas dépendre des recettes des ventes de CD. Notre principale source de revenu aujourd’hui est le live. Par contre, la production de CD est plus un moyen de communication, une carte visite pour le groupe. C’est ainsi que nous avons développé une stratégie de booking au Maroc mais aussi à travers le monde qui nous permet de donner des concerts sur trois continents: l’Afrique, l’Europe et l’Amérique du Nord. 
Ceci nous mène à la deuxième partie de votre question concernant les prestations live. Vous savez, Mazagan est réputé pour sa qualité sur scène plus qu’autre chose ; nous sommes des passionnés de la scène et du grand public, quelle que soit son origine. L’énergie que dégage le groupe sur scène, l’originalité de son style et la qualité de son show lui ont permis de courir les grands festivals du Maroc, en France, en Belgique, en Suisse, en Italie, en Mauritanie, en Tunisie, en Espagne, au Cap-Vert, en Hollande, en Allemagne, au Canada et au Sénégal. 

Comment êtes-vous devenu directeur artistique du Festival Jawhara? 

Je suis devenu directeur artistique du Festival international Jawhara d’El Jadida en 2012 suite à une offre de la direction du Festival et de l’association organisatrice. J’ai tout de suite accepté, car je voulais absolument apporter ma touche à la programmation du festival phare de ma ville. 
J’ai également accepté, car je suis entouré d’une équipe de professionnels qui connaît l’enjeu et la charge de travail ainsi que les différentes étapes à respecter lors de la production d’un événement d’une telle envergure. J’en suis à ma 2ème édition avec le festival en tant que directeur artistique. 

Vous entretenez d’excellents rapports avec les groupes musicaux marocains. Cela a-t-il pu vous motiver ? 

Effectivement, j’ai aussi accepté vu que j’entretiens des relations professionnelles et amicales avec la majorité des artistes marocains et avec un grand nombre d’artistes internationaux. Je détenais déjà un carnet d’adresses que j’ai développé pendant plus d’une décennie en tant que professionnel de la musique, ce qui  me facilite la démarche de programmation et de ramener des artistes internationaux à cette édition. 

Quelle est l’actualité du groupe Mazagan? 

Nous avons sorti récemment deux singles, «Dima Labess» et «Adam», qui connaissent le succès sur les ondes au Maroc et en France. 
Le premier single, réalisé en duo avec Cheb Khaled et produit par RedOne, appelle à l’ouverture des frontières entre les peuples. Tandis que le second met en avant la tolérance et la cohabitation entre les religions. 
Un projet d’album est actuellement en cours de préparation. En attendant, le groupe Mazagan prépare une série de concerts au Maroc et à l’étranger, après avoir donné un concert à la Maison du Maroc de Paris. 

Quel est votre message aux jeunes? 

J’invite les jeunes à avoir confiance chacun dans son domaine de compétence, car le Maroc a besoin de nous pour rehausser son image culturelle. Je suis convaincu que tout jeune Marocain jouit d’atouts à même de valoriser son histoire et d’assurer son avenir.
 

Samedi 15 Juin 2013
Propos recueillis par Laila Faouzi (Stgiaire)

 


YANSANE Ousmane Kollet


Promotion 2011/2013.
De nationalité guinéenne, secrétaire de l' Association des Stagiaires ,
Etudiants et Élèves Guinéens au

Maroc à El Jadida

Le trophée tant attendu…

Dans Sports  Par   Publié dans guinee-info le  13 décembre 2012

La course pour le ballon d’or s’annonce serrer. Sur la liste des 23 nommés seul  Messi, Christiano Ronaldo et Iniesta sont nominés pour gagner le plus beau ballon du monde. Voilà le trophée  tant attendu par les fans du football.

Une année marquée par des championnats intenses et durs, une coupe d’Europe palpitante, une ligue des champions passionnantes qui ne laisse personne indifférent.

Malgré le grand effort des révélations de cette année, le vote des trois collèges regroupant les sélectionneurs, les capitaines et les journalistes s’est  focalisé sur le football espagnol. A en croire les statistiques de ces dernières années, faut-il jouer au FC Barcelone ou au Real Madrid pour mériter ce magnifique joyau ? Le championnat espagnol est plus technique que physique. Une fluidité de jeu, ces petites passes « petits paquets » rapides et efficaces changeant l’état de chaque match  à un plaisir illimité pour les supporters.

Il y a déjà un an de cela que le jeune argentin connu sous le maillot barcelonais remportait son troisième Ballon d’or. L’histoire va-t-elle se répéter ? L’enfant prodige dépassera t-il Cruyff, Platini et Van Basten ?

Lors de cette cérémonie de présélection, Ronaldo ex-joueur de la Selecao et figure emblématique du football a annoncé que “Tôt ou tard Cristiano Ronaldo remportera le Ballon d’Or, d’après moi Messi et Cristiano Ronaldo sont devant Andres Iniesta–qui est un très bon joueur, je l’ai toujours pensé, il mérite d’être là– mais Messi est encore un cran devant Cristiano Ronaldo“. José Mourinho n’est pas de cet avis « Il est impossible que Messi gagne quatre Ballons d’Or et Ronaldo un seul » a t-il déclaré sur France Football le 19 octobre dernier. En attendant, la presse sportive s’impatiente pour connaitre les résultats de la FIFA Ballon d’or.

Le parcours de ces trois phénomènes du ballon au pied se révèle incroyable et acharné.  La concurrence demeure rude car leur palmarès de cette année 2012 prouve qu’ils ont mérité d’être parmi les trois finalistes dans cette quête. Le portugais de 27ans a remporté le championnat d’Espagne, la super coupe d’Espagne, co meilleur buteur de l’Euro avec 3 buts, demi-finaliste de l’Euro. Son adversaire de tous les temps l’argentin « la pulga » la puce âgé de 25ans s’est emparé de la coupe d’Espagne, meilleur buteur du championnat d’Espagne avec 50 buts et pour finir meilleur buteur de la Ligue des champions avec 14 buts. Le cerveau du football espagnol Andrés Iniesta 28ans a de sa part gagné l’Euro et la coupe d’Espagne. Sans oublier qu’ils sont tous qualifiés pour les 8ede finale de la ligue des champions au titre de la saison 2012-2013. Il faut attendre le 07 Janvier 2013 à Zurich pour connaitre enfin qui sera élu meilleur joueur du monde 2012.

YANSANE Ousmane Kollet